Pierre Michelot

 
 

Pour avoir suivi pendant de nombreuses années le parcours de Michelot, je retiens d'abord de son œuvre la mesure, la retenue et la densité. Nulle hâte ni artifice. Un travail qui laboure le temps à pas d'homme. Un homme qui se construit en même temps que l'œuvre qui en est le reflet. Michelot, calmement, arpente le champ de ses affinités et expériences tissées avec la terre, sa terre, et établit un inventaire de ses rapports avec elle. Page après page, c'est le constat d'une chaude connivence avec le monde. Un monde qu'il n'est pas nécessaire d'aller chercher au Népal ou dans les Galapagos. Ce peut être simplement le bout du champ, là, à portée de lance-pierres qui, si on le regarde avec complicité, pose, comme tout autre élément constitutif du tout, les mêmes essentielles questions et quelquefois autorise une réponse. Chaque peinture, chaque page, est à la fois prolongement de la précédente et tremplin pour accéder aux suivantes. Construire enfin une œuvre plus importante que la somme des différents matériaux qui la compose. Ainsi, anecdotiquement, je pense au tailleur de pierre qui voulait gravir une falaise. Il façonnait des marches dans la roche, patiemment, les montant l'une après l'autre pour équarrir les suivantes. Il se hissait à l'aide de son ouvrage pour le poursuivre. Arrivé au sommet, ce n'était plus une succession de marches mais une œuvre nouvelle, un escalier.

ROBERT PLANET

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-16 au 26 octobre 2015

69e Salon des Réalités Nouvelles
Parc Floral de la Ville de Paris, 75012

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